Georges Joseph Van Sluÿters (ou Sluijters) est né à Paris en 1868, d’un père néerlandais exerçant la profession d’architecte et d’une mère belge. La famille s’installe aux Pays-Bas pour fuir la guerre franco-prussienne de 1870. L’enfant vit dans un milieu cultivé disposant d’une grande aisance matérielle. Il fait ses études au pensionnat Sint-Joseph de Hilversum, en Hollande septentrionale. La situation financière de son père, Jan Hendrik Van Sluÿters, se dégrade considérablement en 1881 du fait de spéculations hasardeuses. Georges reste cependant au pensionnat et ne le quitte qu’à l’âge de 15 ans, en 1883, pour rejoindre sa famille à Amsterdam. Son frère Léon et sa sœur Anne émigrent en 1884 pour les Indes néerlandaises tandis que sa mère et ses autres sœurs s’installent à Bruxelles. Il semble, selon certaines sources, que Georges de Feure ait dû à cette époque exercer divers métiers afin de subvenir aux besoins de la famille à la suite de la ruine de son père. Il joue en particulier de petits rôles au théâtre et exerce même le métier d’accessoiriste.

En 1886, de Feure est admis à l’Académie royale des Beaux-arts (Rijksakademie voor Beeldende Kunsten) d’Amsterdam. Mais il ne suit pas les cours et part pour Paris ou Bruxelles. En 1889, toute la famille, y compris le père qui était resté à Amsterdam pour affaires, s’installe à Paris. Le jeune de Feure se rapproche alors du milieu artistique parisien, fréquente les cafés où se rencontre les artistes, en particulier à Montmartre (le 4Z’Arts, le café du Rat Mort, le Chat Noir, l’Âne Rouge). Il vit sur la Butte Montmartre la vie de bohème des artistes de l’époque et rencontre Pauline Domec avec laquelle il a deux enfants dont l’un meurt en bas-âge.

Le talent de Georges de Feure commence, dès le début des années 1890, à être remarqué. Il réalise des caricatures pour les journaux, des aquarelles de style symboliste et reçoit des commandes d’affiches. C’est à ce moment qu’apparaît dans son œuvre la femme fatale qui constituera un de ses thèmes majeurs. Dans la décennie 1990-1900, de Feure réalise de nombreuses lithographies et des affiches. Dans ces domaines, il subit l’influence de Jules Chéret (1936-1932), grand maître de l’affiche de l’époque. Il illustre également des livres, en particulier celui de Marcel Schwob, La Porte des Rêves (1899).

Le début du 20e siècle le consacre comme un artiste du courant Art Nouveau. Il intervient à peu près dans tous les domaines des arts graphiques et même en architecture et en ameublement. Au cours de la décennie 1910-1920 son intérêt pour le théâtre, qu’il avait fréquenté très jeune en tant que comédien, l’amène à créer des décors et des costumes en collaboration avec Henri-Gabriel Ibels (1867-1936) qui avait participé au mouvement des Nabis à la fin du 19e siècle.

Dans les années 1920, Georges de Feure se consacre essentiellement à la décoration d’intérieur et connaît un succès considérable dans ce domaine. Madeleine Vionnet (1876-1975), couturière de renom international, lui confie la décoration de sa maison de couture et de son hôtel particulier parisien. Mais l’artiste est oublié dans les années trente et sa situation matérielle se dégrade. Georges de Feure meurt à Paris, sous l’occupation, en novembre 1943. Il est inhumé au cimetière des Batignolles à Paris.

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